Pourquoi y a-t-il du chlore dans l'eau du robinet ?
Parce que la potabilité ne s'arrête pas à la sortie de l'usine. Entre le traitement et votre robinet, l'eau parcourt parfois des dizaines de kilomètres de canalisations, séjourne dans des réservoirs et traverse une colonne montante. Un résiduel de chlore est maintenu sur tout ce trajet pour garantir qu'aucun développement microbien ne s'y produise.
C'est une exigence sanitaire, pas un choix de confort. Le goût que vous percevez est la contrepartie directe d'une eau qui arrive saine, et il n'a plus d'utilité une fois le verre rempli.
Pourquoi le goût est-il plus fort chez certains ?
Trois facteurs se combinent, et aucun ne dépend de vous.
- La distance au point d'injection. Le résiduel se dissipe le long du réseau. Plus vous êtes proche de l'usine ou d'une station de rechloration, plus il est élevé chez vous.
- La température. En été, le chlore se dissipe plus vite et le distributeur en injecte davantage pour tenir le résiduel jusqu'aux extrémités du réseau. Le goût est saisonnier.
- Votre sensibilité. Le seuil de perception varie fortement d'une personne à l'autre. Deux personnes buvant la même eau peuvent honnêtement être en désaccord sur ce qu'elles goûtent.
Ce n'est pas toujours du chlore
Un goût désagréable n'a pas forcément la même origine que l'odeur de piscine.
Un goût de terre ou de moisi vient plutôt de composés organiques produits par des algues dans la ressource. Un goût de plastique apparaît souvent après des travaux de plomberie, le temps qu'une canalisation neuve se rince. Un goût métallique signale de la corrosion, et se traite en amont, avec un silico-polyphosphate, plutôt qu'en aval. Le charbon actif traite les deux premiers cas ; le troisième relève de la protection du réseau.
Les solutions, de la plus simple à la plus efficace
La carafe au réfrigérateur
Le chlore libre est volatil : une carafe ouverte quelques heures au frais en perd une bonne part. C'est gratuit, cela marche pour l'eau de boisson, et cela ne demande aucun matériel. En revanche cela ne fait rien pour l'eau de la douche, ni pour celle de la machine à café ou de la bouilloire.
La cartouche de charbon actif
C'est la réponse qui traite le problème là où il naît. Le charbon adsorbe le chlore, les sous-produits de chloration et les composés organiques responsables des goûts de terre. L'effet est immédiat et se sent au premier verre. Deux formats existent au catalogue : le conteneur plein, qui tient environ six mois, et la bobinée garnie, qui tient environ trois mois et se glisse dans un corps déjà en place.
Ce qu'il faut savoir avant de poser un charbon actif
Retirer le chlore, c'est aussi retirer la protection microbiologique en aval du filtre. Sur une eau du réseau consommée normalement, cela n'a aucune conséquence. Mais cela impose une discipline : un charbon actif se remplace à échéance de calendrier, même s'il ne freine pas le débit et même si l'eau paraît bonne.
Un charbon saturé ne se contente pas de ne plus servir. Il entre en percée, restitue progressivement ce qu'il avait fixé, et devient un support de développement bactérien, d'autant plus que le chlore qui limitait ce développement a précisément été retiré. C'est le seul média du catalogue où la date compte plus que la pression.