Comment fonctionne le charbon actif
Par adsorption, et non par filtration. Un média mécanique arrête ce qui est plus gros que ses passages ; le charbon, lui, fixe des molécules dissoutes sur sa surface. Cette surface est considérable : l'activation du charbon creuse dans chaque grain un réseau de pores extrêmement dense, ce qui donne à quelques centaines de grammes une surface interne hors de proportion avec leur volume apparent.
Les molécules qui s'y accrochent le font par affinité physico-chimique. C'est ce qui explique à la fois sa force, sur tout ce qui est organique ou chloré, et ses angles morts, sur ce qui est minéral et ionique.
Ce qu'il retire
- Le chlore libre et l'odeur de piscine qui l'accompagne, presque instantanément.
- Les sous-produits de chloration, formés par réaction du chlore avec la matière organique du réseau.
- Les composés organiques responsables des goûts de terre, de moisi ou de vase, fréquents sur les ressources de surface.
- Les goûts de plastique qui apparaissent après des travaux de plomberie, le temps qu'une canalisation neuve se rince.
Ce qu'il ne retire pas
C'est la partie que peu de vendeurs écrivent, et c'est la plus utile.
- Le calcaire. Le calcium et le magnésium sont des ions dissous que l'adsorption ne capte pas. Une cartouche de charbon laisse passer intégralement la dureté de votre eau. C'est la confusion la plus fréquente à l'achat.
- Les bactéries. Un charbon actif n'est pas un filtre stérilisant. Il retire même le chlore résiduel qui limitait le développement microbien en amont.
- Les particules. Il en arrête mécaniquement une partie, mais ce n'est pas son rôle, et elles le colmatent. Un anti-sédiments doit toujours le précéder.
- Les nitrates. Ce sont des ions, hors du domaine de l'adsorption sur charbon.
La percée, le seul point vraiment technique
Un charbon ne se colmate pas comme une bobinée : il se sature. Quand tous les sites d'adsorption sont occupés, le média cesse de fixer et commence à restituer ce qu'il avait capté. C'est la percée. Le goût revient, parfois plus marqué qu'avant filtration, et le débit n'a pas bougé d'un litre.
Conséquence pratique : sur un charbon actif, la date compte plus que la pression. C'est le seul média du catalogue dont on ne peut pas attendre le signal mécanique pour le remplacer. Comptez six mois pour un conteneur plein d'environ 600 g, trois mois pour une bobinée garnie d'environ 150 g.
Un charbon saturé laissé en place n'est pas neutre. Il reste humide, à température ambiante, chargé de matière organique, et privé du chlore qui limitait le développement bactérien. C'est la raison sanitaire pour laquelle un charbon se remplace à échéance, et non quand on y pense.
Grains, blocs et bobinées garnies
Le charbon en vrac dans un conteneur offre la plus grande masse de média, donc la plus longue durée, mais l'eau peut y creuser des passages préférentiels si le lit se tasse. Le charbon en bobinée garnie combine une filtration mécanique et une adsorption dans le même corps : moins de média, mais aucun passage préférentiel et un seul emplacement occupé dans le montage.
Pour une maison qui dispose de plusieurs corps, le conteneur plein en dernière position est le choix logique. Pour un corps unique déjà en place, la bobinée garnie évite d'avoir à ajouter un porte-filtre.
Faut-il purger un charbon neuf ?
Oui, systématiquement. À la première mise en eau, un charbon neuf relâche des fines de carbone qui colorent l'eau en gris. Laissez couler un robinet en aval pendant quelques minutes jusqu'à ce que l'eau soit claire. C'est sans danger et cela ne se produit qu'une fois, au premier remplissage.