Ce que les deux ont en commun
L'action antitartre, et elle est identique. Dans les deux cas, la matière active se dissout lentement dans l'eau froide et séquestre le calcium et le magnésium déjà dissous : ils ne peuvent plus former de cristaux adhérents sur les parois, les résistances et les échangeurs. Dans les deux cas, la dureté mesurée en sortie est inchangée.
Le choix entre les deux ne se fait donc pas sur la dureté de votre eau. Il se fait sur l'état de votre réseau.
Ce que le silicaté ajoute
Des silicates, qui renforcent la formation d'un film protecteur à la surface des métaux. Ce film limite le contact direct entre l'eau et la paroi et ralentit la dissolution du cuivre, de l'acier galvanisé et des soudures.
Le polyphosphate simple forme lui aussi un film. La différence est d'intensité, pas de nature : sur une installation où la corrosion est déjà engagée, le silicaté travaille plus fort sur ce front précis.
Trois situations qui appellent le silicaté
- Un réseau ancien. Canalisations en acier galvanisé, immeuble d'avant les années 1970, colonne montante d'origine.
- Une installation mixte. Cuivre raccordé à de l'acier galvanisé : le couple électrochimique accélère la corrosion au point de jonction.
- Une eau rousse au premier soutirage. Si le robinet sort teinté d'ocre après une nuit de stagnation, la corrosion n'est pas une hypothèse, elle est en cours.
Dans ces trois cas, le bénéfice n'est pas seulement la tenue des tuyaux. Une canalisation corrodée se couvre de tubercules, des concrétions d'oxydes poreuses qui réduisent la section, relarguent des particules et offrent au biofilm un abri à l'écart du chlore résiduel. Freiner la corrosion, c'est supprimer ces surfaces.
Quand le polyphosphate simple suffit
Sur une installation récente, entièrement en cuivre ou en PER, alimentée par un réseau en bon état. Il n'y a alors pas de corrosion à freiner, et le polyphosphate remplit intégralement le rôle qu'on attend de lui : empêcher le tartre de se déposer.
C'est aussi le choix des protections d'appareil ponctuelles, où l'on ne cherche qu'à préserver une résistance ou un échangeur : le film anticorrosion y apporte peu, puisque l'appareil est en aval de tout le réseau.
| CRITÈRE | POLYPHOSPHATE | SILICO-POLYPHOSPHATE |
|---|---|---|
| Action antitartre | Oui | Oui, identique |
| Protection des métaux | Film simple | Film renforcé par les silicates |
| Dureté en sortie | Inchangée | Inchangée |
| Installation neuve, cuivre ou PER | Recommandé | Non nécessaire |
| Réseau ancien ou mixte | Insuffisant seul | Recommandé |
| Limite de température | 60 °C | 60 °C |
Deux questions pratiques
Peut-on mélanger les deux dans un conteneur ?
Ce n'est pas l'usage prévu et cela ne cumule pas les effets. On charge un conteneur avec un seul type de cristaux. Si vous voulez passer de l'un à l'autre, videz le bol, rincez-le et rechargez : rien ne s'oppose au changement, à la recharge suivante.
Le rythme de recharge est-il différent ?
Non. Il dépend du volume de cristaux, de la dureté de l'eau et du débit de la maison, pas de la variante choisie. Comptez six mois pour un conteneur plein sur une eau de dureté moyenne, trois mois pour une bobinée garnie.