Pourquoi une chaudière murale s'entartre plus vite qu'un ballon
Une chaudière murale produit l'eau chaude sanitaire à la demande, dans un échangeur à plaques dont les canaux se comptent en millimètres. Deux caractéristiques y accélèrent la précipitation du carbonate de calcium.
D'abord la température de paroi. Pour chauffer instantanément un débit de douche, l'échangeur travaille à une température de surface bien supérieure à celle d'une résistance de ballon. Or la précipitation du calcaire s'accélère nettement avec la température.
Ensuite la section. Un dépôt de quelques dixièmes de millimètre est invisible dans une cuve de 200 litres ; dans un canal de 2 mm, il ampute une part significative du passage. C'est pourquoi le symptôme apparaît vite et frappe d'abord le débit, avant même le rendement.
Les signes d'un échangeur entartré
- L'eau chaude met plus longtemps à arriver au robinet.
- Son débit baisse, alors que l'eau froide sort normalement au même point de puisage.
- La température devient instable en cours de douche, avec des à-coups de froid.
- La chaudière cycle plus souvent, s'allume et s'éteint sur de courts soutirages.
Un point permet de trancher immédiatement : le chauffage reste normal. Le circuit de chauffage est un circuit fermé, il ne se renouvelle pas et ne s'entartre donc pas. Si seule l'eau chaude sanitaire est dégradée, le diagnostic est fait.
Filtre ou détartrage : les deux, dans cet ordre
Un anticalcaire agit sur l'eau qui entre, pas sur un dépôt constitué. Sur un échangeur déjà entartré, poser le filtre seul revient à figer la situation existante.
L'ordre correct est le suivant : détartrage chimique de l'échangeur par un professionnel, qui fait circuler une solution détartrante en circuit fermé, puis pose du filtre pour que le dépôt ne se reforme pas. La première opération se facture ; la seconde évite d'avoir à la répéter.
Où poser la protection
Sur l'arrivée d'eau froide sanitaire de la chaudière, jamais sur le circuit de chauffage, qui n'en a pas besoin. Prévoyez de quoi dévisser le bol : la place est souvent comptée sous un appareil mural, et c'est la contrainte qui décide du format.
Jamais sur une sortie d'eau chaude. Au-delà de 60 °C, l'efficacité antitartre du polyphosphate n'est plus garantie. Le filtre doit protéger l'appareil, pas être chauffé par lui.
Le contrat d'entretien ne couvre pas le détartrage
C'est une confusion fréquente. La visite annuelle obligatoire porte sur la combustion, les organes de sécurité et le rendement. Le détartrage de l'échangeur sanitaire est généralement facturé en supplément, parfois au tarif d'une intervention complète, et il revient tous les deux à quatre ans sur une eau dure.
C'est précisément ce coût récurrent que la protection en amont supprime. Le calcul est simple à faire soi-même : comparez le prix d'un détartrage à celui de dix ans de recharges de cristaux.
Faut-il aussi filtrer les sédiments ?
Sur un échangeur à plaques, oui, plus encore que sur un ballon. Les canaux fins se bouchent aussi bien avec du sable et des écailles de rouille qu'avec du tartre, et un dépôt particulaire ne se dissout pas au détartrage. Un anti-sédiments 5 µm en amont de l'anticalcaire protège les deux à la fois et prolonge la charge de cristaux.